Apple Bashing

Paul Graham a écrit un article intitulé Apple's Mistake dans lequel il explique longuement de quelle manière Apple est en train de se tirer une balle dans le pied avec l'AppStore. Du coup, ça a micro-blogué du Apple bashing toute la journée. Comme je trouve ça agaçant j'ai moi-même pris part au débat, au risque de me fâcher avec mes amis, de façon assez directe :

Le Apple bashing quand on possède un iPhone, c'est comme les abstentionnistes qui se plaignent des élus. Vous êtes méprisables.

140 caractères ne laissent pas vraiment la place à la subtilité et au développement. En même temps, je ne suis pas connu pour faire preuve de mesure. Je m'efforce par contre d'essayer d'être un minimum cohérent.

Petite parenthèse personnelle (on est sur un blog que diable). L'iPhone (comme ses cousin iPod) est un périphérique opaque. Il coûte très cher, force l'utilisation d'iTunes et, surtout, ne permet pas d'installer n'importe quelle application. Pourquoi, un développeur ne pourrait-il pas proposer son application iPhone sur son site web ? Et pourquoi l'utilisateur ne pourrait-il pas bêtement faire glisser l'application téléchargée dans son iTunes pour l'installer (au hasard, son Firefox ou Opera pour mobile) ? Je me suis souvent posé la question. En tout cas, ces raisons là font que je n'aurai jamais d'iPhone (et de toute manière, j'ai désinstallé iTunes).

Alors, je dois bien le reconnaître, quand je vois des personnes relayer l'article de Paul Graham sur Twitter à coup de #apple #fail (le tout depuis leur iPhone) je vois un peu rouge et j'appelle ça cracher dans la soupe. Si vous avez un iPhone, c'est en connaissance de cause et se plaindre est tout aussi indéfendable que l'attitude d'Apple à l'égard des développeurs d'applications mobiles.

Lors de la table ronde sur la mobilité à Paris-Web, Charles McCathieNevile le résumait parfaitement : vote with your money. Si ce n'est pas clair : n'achetez pas d'iPhone. Et je crains que penser qu'Apple écoutera ses consommateurs est un peu naïf.

À toute fin utile, je précise que j'ai un Macbook et que c'est une machine fantastique, avec un système d'exploitation UNIX qui marche vraiment très bien et que je peux torturer à loisir si j'en ai envie.

Maintenant, comme je suis sympa, vous pouvez m'insulter copieusement :)

Comments

padawan 7 years, 11 months ago

Connaissant un tout petit la maison pour y avoir travaillé, Apple écoute d'abord ses clients en constatant leur bénéfice chaque trimestre. Donc, ceux qui hurlent #Apple #fail depuis leur iPhone, sans être obligatoirement hypocrites, sont de doux naïfs s'ils pensent qu'Apple va privilégier leur petit accès de colère via Twitter sur l'argent engrangé. Et les comptes d'Apple battent pratiquement tous les ans les records depuis sa création (d'aucuns en déduiront une certaine incohérence chez ses clients).

Je pense que les développeurs peuvent tout de même avoir une plus grande influence sur Apple. Pour l'instant, pour chaque développeur qui hurle au loup, il y en a un pour rappeler que le rapport de ventes de l'App Store par rapport à son concurrent "ouvert" est de 400 contre 1. Là encore, Apple regarde ses chiffres et tirera autant de corde qu'il pourra en venir. Mais Apple, depuis son passage à Unix et l'absorption de NeXT (en réalité c'est NeXT qui a acheté Apple :D, mais c'est un autre débat), a cessé de mépriser ses développeurs et compris que son succès passe aussi par eux. Tou ça n'est qu'une question d'équilibre, et le fléau est fermement posé du côté Apple aujourd'hui.

C'est éventuellement s'ils veulent veut pousser le bouchon trop loin, c'est-à-dire s'imposer comme intermédiaire approbateur des applications qu'on peut faire tourner sur un ordinateur, que cette problématique pourra s'étendre médiatiquement hors d'un cercle ridicule de geeks au point de devenir gênante pour Apple. En fait, je pense que ce n'est pas une question d'éventualité mais de temps. S'il Apple commercialise une tablette, ils vont le faire sur le modèle iPhone. J'étends simplement l'idée de Graham, qui dit que lorsque les développeurs se mettront à développer sur (et non juste pour) l'iPhone ils ne supporteront pas ces barrières, au grand public. Lorsqu'il cessera de considérer l'iPhone ou un Kindle comme de simples appareils (un téléphone) mais bien comme des ordinateurs, alors il aura une montée de bouclier suffisamment forte pour contrer Apple, et tous les autres acteurs qui observent ce qu'Apple fait comme un diabétique la devanture d'un magasin de bonbons.

sylvek 7 years, 11 months ago

Apple est maitre chez lui... je suis toujours très surpris d'entendre mes amis faire des critiques très dures sur le modèle économique d'Apple tout en ayant un iPod ou un iPhone dans les mains. Je mettais ça sur le dos de la culture française.. imaginant que le reste du monde n'était pas aussi "hypocrite" .. mais peut être que je me trompe.

giz404 7 years, 11 months ago

Je pense que l'incohérence des réactions vient du fait de l'attachement fort qu'on les gens à Apple. La firme à la pomme réussit régulièrement des tours de force (s'installer sur le marché du baladeur à une époque où c'était synonyme de Walkman, s'installer sur le marché déjà saturé du téléphone portable avec modèle unique...), elle propose des modèles qui font envie. On peut difficilement nier que leur matériel est beau, bien pensé, de bonne qualité, agréable à l'utilisation. Quand on compare un macbook avec ce qui se fait chez la concurrence au même prix, on peut clairement mesurer cette différence de qualité et de finition (même si sous le capot la différence est moindre mais c'est une autre histoire). Bref, tout ça pour en venir au fait que les gens aiment Apple. Ils aiment leurs beaux produits. Ils aiment le mystère qui entoure la sortie d'un nouveau modèle (y'a pas de site sur les rumeurs des nouveaux Dell, Acer, Asus ou autres...On les compte par dizaine côté Pomme)... Apple passionne, et ne laisse pas indifférent.

Du coup, lorsqu'enfin on craque pour un de leurs produits, on n'a pas envie de reconnaître que si la qualité est au top, leur philosophie est détestable. On se prend à rêver qu'ils vont redresser la barre, faire preuve d'ouverture etc. En sorte, qu'ils soient beaux et gentils.

Ombre 7 years, 11 months ago

J'ai un iPhone et je ne participe pas au bashing. ;-)

À défaut de libérer complètement l'installation des iApps, je pense que Apple finira par assouplir ses règles (licence) ou son système de contrôle : j'aimerais aussi avoir un Firefox Mobile sur mon GSM. Après tout, au début, Apple ne voulait pas qu'on puisse installer des applications sur leurs appareils et ça a finit par changer avec la pression des utilisateurs... :-)

Tristan 7 years, 11 months ago

Je suis de ces personnes qui ont "relayé l'article de Paul Graham sur Twitter à coup de #apple #fail (le tout depuis leur iPhone)" qui t'on fait voir rouge.

Mais n'ai crainte, je t'aime toujours, Olivier ! :-D

Comme tu le sais, j'utilise les 3 principaux Operating Systems depuis longtemps. C'est même toi qui m'a recommandé d'installer la toute première version d'Ubuntu en octobre 2004 sur ma machine principale ! Depuis, j'ai deux machines, un MacBook Pro vieillissant en 1ere machine, et un Netbook en dual boot Windows Se7en et Ubuntu 9.10.

J'ai aussi un iPhone depuis 2 ans. J'ai récemment cherché un smartphone qui me permette d'accéder au Web avec un navigateur moderne, qui affiche les cartes Google Maps, qui stocke ma musique, qui se synchronise avec mon carnet d'adresse (540 contacts), j'ai fait le tour du marché. J'ai parlé avec mes amis et collègues qui ont des téléphones Android, Symbian ou BlackBerry. J'ai testé tout ce que j'ai pu. Et j'ai repris un iPhone. Pourquoi ? Parce que c'est tout simplement – et de très loin – le téléphone qui répond à mes besoins, celui qui me permet d'être productif. Cette décision, je l'ai prise la mort dans l'âme, tant la politique d'Apple pour l'AppStore m'écoeure. Pareil pour leur attitude vis à vis des médias. Exactement comme Paul Graham, j'ai pensé "Leurs produits sont vraiment bons, mais ce sont vraiment des connards".

Paul Graham continue : "Ai-je vraiment envie de financer cette entreprise ?"

Je me suis aussi posé cette question. Et je me suis demandé ce qu'il se passerait si je n'achetais pas cet iPhone. Pour Apple, ça ne change rien. Un iPhone de plus ou de moins, par rapport aux 7,4 millions d'iPhone vendus le trimestre dernier, mon poids est totalement négligeable.

Par contre, quitter l'iPhone, ça voulait dire galérer pour synchroniser ma musique, mes contacts avec mon ordinateur. Ça voulait aussi dire que j'allais perdre en stabilité et régresser en terme de confort et d'efficacité (revenir au Blackberry ? Jamais !) Pour moi qui me déplace (trop) souvent, l'iPhone a été un énorme progrès. Je pourrais renoncer à cela si je savais que ça changerait quelque chose chez Apple. Mais je suis lucide, et je sais bien que ça n'est pas le cas. Mais dès qu'une alternative se présente, je saute dessus. Je ne suis pas du tout attaché à la marque Apple.

J'écrivais hier "Microsoft n'est plus cool depuis longtemps, mais ce qui est nouveau c'est qu'Apple ne l'est plus non plus". Je crois sincèrement qu'on a atteint le point de non retour pour Apple. Leurs outils sont certes moins mauvais que ceux de la concurrence, mais leur attitude les rends antipathiques, et ce aux yeux des early adopters, ces influenceurs qui font et défont les réputations des entreprises de technologie.

Olivier 7 years, 11 months ago

C'est bien d'avoir peu de lecteurs, j'ai gardé les personnes constructives :)

Tristan, c'est marrant on a souvent cette discussion de l'action collective face à l'individuelle :) Notre poids d'utilisateurs de Firefox était négligeable en 2004, nous avions peut-être même l'air un peu ridicules. Pourtant, ça a marché.

Il y a deux ans, j'ai cherché un téléphone que je puisse simplement synchroniser avec iCal et le carnet d'adresse. J'en ai bavé alors j'imagine assez que chercher l'outil qui corresponde le mieux à certains besoins fasse invariablement arriver à l'iPhone. La question reste souvent de savoir si on accepte de renoncer ou non.

J'adorerai avoir un petit périphérique me permettant de lire des livres, écouter un peu de musique, peut-être même surfer sur le net. Un outil me permettant d'aller revendre la moitié de mes livres et m'épargner une dizaine de cartons à mon prochain déménagement. La future tablette répondra sans doute à ce besoin. Si elle fonctionne sur le même modèle que l'iPhone, je ne peux pas l'accepter et ce sera sans moi.

Le confort des fonctionnalités est une forme de sécurité. Et vous savez tous ce que Thomas Jefferson disait à propos de la sécurité et des libertés ;)

Jérémie Ducastel 7 years, 11 months ago

Il y a bien une manière de développer pour l'Iphone sans qu'Apple ne soit puisse s'interposer entre développeur et utilisateur : faire des applis web.

Bien sûr, pour ce qui est de vendre l'application, c'est autre chose...

(Je suis dev web et je suis passé à iphone/imac/macbook après linux et téléphone brique)

François Granger 7 years, 11 months ago

vote with your money

Je suis d'accord qu'il faut voter avec son porte-monnaie. Mais il faut non seulement faire mais aussi faire savoir, comme tu le fait ici, et comme d'autres le font ailleurs. Bien sûr, Apple regarde d'abord ses revenus. Mais pour préparer ses revenus de l'année prochaine, Apple surveille sa réputation.

La (probable) tablette qu'Apple doit sortir me fait envie. Mais si je ne peut pas la bidouiller, ou y installer les logiciels que je choisi, elle aura peu d'intérêt. Hier, je trouvais que mon dock était trop rempli, j'ai donc décidé d'en enlever les applications qui me servent le moins. 90% des applications qui sont restés dans mon dock ne sont pas des applications Apple.

Tout ceci est écrit sur un MacBook Pro ;-)

loranger 7 years, 11 months ago

Mes parents m'ont toujours répété que pour dire "j'aime pas" il fallait avoir gouté d'abord... Partant de ce postulat parental, je trouve assez normal que ceux qui critiquent AppleTM, son arrogance et son hégémonie soient d'abord ses clients et ses développeurs d'ipa. Pour reprendre ton analogie - et je suis d'acord avec toi - pour critiquer les élections il faut avoir voté. Il me semble donc logique que pour critiquer Windows®, il faut l'avoir essayé, et pour prétériter AppleTM il faut avoir subit ses outrages. Ho bin sûr, tout cela n'enlève rien au comportement souvent déplorable de l'acteur leader ou "en vogue" du marché (quel que soit l'acteur et quel que soit le marché, d'ailleurs), mais je trouvais dommage que tu reproches à ceux que je considère les mieux placés pour le faire, d'avoir un regard critique sur leur situation. En ce qui me concerne, ceux que je trouve méprisables, ce sont ceux qui critiquent parce qu'en ce moment c'est tendance, sans recul ni avis mais parce que "tout le monde le fait, alors j'en suis". Ceux là selon moi, qu'ils soient clients ou non, polluent le débat et desservent le message initial.

Damien B 7 years, 11 months ago

"Pourquoi, un développeur ne pourrait-il pas proposer son application iPhone sur son site web ?"

Et pourquoi un éditeur ne pourrait pas proposer un album avec DRM sur son site web ? A l'heure du web triomphant, Apple a vu que faire sa boutique en client lourd, même au prix d'une adaptation vers Windows, était largement plus rentable. En vocabulaire mathématico-commercial, cela correspond à l'équation "vache à lait = traire". Le client iPod est acquis au modèle du distributeur unique (Apple / iTunes), pourquoi dépenser de l'argent (et risquer de l'aliéner) juste pour le plaisir d'offrir des alternatives ?

Pouvoir choisir, c'est juste une opportunité de perdre du temps.

Pep 7 years, 11 months ago

Le simple fait de relayer un article intéressant et polémique en étant également possesseur d'un iPhone et d'autres équipements de la marque à la pomme ne suffira-t-il à me faire taxer d'Apple bashing ?

Non, je demande ça juste pour mesurer dans quel monde de merde on vit... :)

Maltivy 7 years, 11 months ago

Apple écoute ses utilisateurs dans une certaine mesure. On l'a vu avec le retour du FireWire sur certaines machines, les bons d'achat pour les early adopters d'iPhone ou l'acceptation des applications tierces natives au détriment d'un modèle uniquement fondé sur les applications tierces Web, par exemple.

Je ne vois pas en quoi ce genre de critiques ne serait pas recevable. Tout est une histoire de balance entre les avantages et les inconvénients du produit. Ce n'est pas parce qu'on lui a trouvé suffisamment d'avantages pour l'acheter que l'on ne peut plus pointer du doigt ses désavantages. Ce serait plutôt masochiste, comme comportement.

Je ne sais pas si tu as suivi Steven Frank cet été. Il n'en pouvait plus de la politique d'Apple vis-à-vis des développeurs. Pour le coup, les désavantages ont pesé plus lourd que les inconvénients à ses yeux. Il a donc changé de téléphone, utilisé la concurrence, puis est revenu sur iPhone. Je ne crois pas que ce soit par manque de conviction ; c'est simplement qu'il a estimé que les avantages de l'iPhone étaient, tous comptes faits, largement supérieurs. Il reste furieux contre Apple, et je n'y vois aucune contradiction. C'est quelqu'un qui est allé du côté de ce qui se fait de mieux à ses yeux et qui garde son regard critique. Et compte tenu de ce qu'on lit d'habitude sur la cécité des utilisateurs Apple, je trouve ça plutôt sain.

Quant à la comparaison avec la politique, je ne la comprends pas. Les abstentionnistes font le choix de ne pas faire de choix. Ils ne donnent pas leur avis de citoyen au moment où celui-ci est le plus susceptible de peser, mais après. Je ne vois pas en quoi on peut rapprocher cette situation de celle des utilisateurs critiques d'iPhone.

"May the best phone win." :)

Emmanuel Clément 7 years, 11 months ago

Et si en plus on considère le facteur "vert" dans le choix d'un équipement numérique, cela commence à devenir compliqué ! http://www.greenpeace.org/international/campaigns/toxics/electronics

Cet "Apple bashing" ressemble en quelque sorte au slogan "J'aime mon Mac mais si possible sans déchets toxiques" http://www.greenpeace.org/france/green-my-apple/

Une façon de dire "J'aime mon iPhone mais sans bridage d'application".

Jean-Michel 7 years, 11 months ago

J'aime bien ce billet bien que je ne comprends toutes les subtilités liés au monde des développeurs.

Deux morceaux de phrases m'interpellent : - "iPhone et ses cousins coutent cher." Je sais que nous sommes dans l'ère des "je veux que ça soit gratuit" mais quand on y regarde des années après ceux que j'ai achetés ou même revendus à des amies marchent toujours du feu de dieu. - "Apple oblige l'utilisation d'iTunes". Peut-être mais ça (les utilisateurs peu expérimentés) aide à ranger efficacement ses fichiers et que ça traine pas partout sur n'importe quel unité. Je fais appliquer certains réglages et depuis on ne m'appelle + pour résoudre un problème sur iTunes.

Damien B., ne penses-tu pas que les maisons de disques (et autres producteurs de biens culturels) ont (et c'est toujours le cas) trainé la patte à investir dans Internet et de ce fait Apple n'a fait que prendre une place facilement ?

Yann 7 years, 11 months ago

Apple c'est avant tout un succès marketing basé sur le design, la qualité perçue, les fonctionnalités mais également l'appartenance à une "communauté branchouille high-tech".

Oui mais, car il y a un mais, ce n'est qu'une stratégie marketing, la finalité reste comme pour toute entreprise de faire de l'argent et force est de constater que la machine est bien rodée.

Apple n'est pas une démocratie, en achetant un iPhone on n'achète pas sa carte de citoyen et encore moins un droit de vote au conseil d'administration :) Ceux qui y ont cru en sortent déçus.

Le Apple Bashing me rappelle un peu la déferlante anti-Microsoft d'il y a quelques années, je critique mais j'utilisequand même Windows et le pack office. C'est l'effet de meute :)

Philippe 7 years, 11 months ago

"c'est comme les abstentionnistes qui se plaignent des élus" : mille excuses, mais tout comme Maltivy, je ne vois pas ce que cette réflexion vient faire ici.

Croire que le système électoral actuel est le seul moyen légitime pour les citoyens d'exprimer leur opinion n'est que le résultat d'une adroite manipulation menée par ses principaux bénéficiaires.

Au sujet d'Apple, je suis néanmoins assez d'accord avec toi :)

Damien B 7 years, 11 months ago

"Damien B, ne penses-tu pas que les maisons de disques [...] ont [...] trainé la patte à investir dans Internet et de ce fait Apple n'a fait que prendre une place facilement ?"

Replaçons nous dans le contexte de la chaîne qui va de l'artiste à son public : que ce soit pour l'écrit ou pour la musique, cela va de l'aide (monétaire, matérielle) à la création, ça passe par l'édition (qu'est-ce qui sort, quand), la diffusion (stratégie de publicisation, commerce avec les revendeurs), la fabrication (imprimerie, pressage), la distribution (logistique, stock) et la vente (FNAC, grande surface, spécialistes). Là-dedans, la maison de disque occupe typiquement les étapes d'aide, d'édition et de diffusion. Pour les très grandes maisons de disque, cela recouvre la fabrication et la distribution (même si traitées dans des entités distinctes). A quel endroit vient internet ? Cela rend inutile la fabrication et la distribution, et ça change énormément la vente. "Investir dans Internet" pour une maison de disque, ça revient donc à trouver les bons revendeurs pour ces nouveaux canaux. Pour moi, ça n'est pas le travail de la maison de disque d'"investir dans l'Internet". Ceux qui ont raté le coche (et ce n'est pas faute d'avoir essayé), ce sont les FNAC, Virgin, etc... qui se sont contentés d'être revendeurs de la solution Microsoft. C'est Peter Gabriel qui s'est lancé avec une technologie dont personne ne voulait. C'est Real qui avec Rhapsody n'a pas réussi à convaincre qu'ils allaient pouvoir pénétrer le marché faute de pouvoir mettre en avant une offre hardware suffisemment alléchante.

Là-dessus arrive Apple, qui vient leur proposer une approche monopolistique avec le hard, le soft, les canaux de distributions et de vente, et une offre tarifaire correcte. Tous les gros signent, même Sony Music (qui se gaufrera en parallèle avec Sony Connect).

Donc non, je ne crois pas que les fonds des maisons de disque doivent servir à "investir dans l'Internet", cet argent sera mieux utilisé ailleurs. Par contre, les distributeurs et les vendeurs eux doivent investir dedans, parce que c'est leur métier.

Ombre 7 years, 11 months ago

Un article sur le position d'Apple : Quel équilibre pour la validation de l'App Store ?

evolugames 7 years, 10 months ago

Le iPhone a cunnu un énorme succès, comme le nokia à l'époque... Mais il va surement être oublié lorsque google lancement enfin son Google Phone :) Selon les rumeurs, c'est LG qui est le constructeur. Le téléphone doit vraiment être énorme ! :)

Jean-Michel 7 years, 10 months ago

Damien B, merci d'avoir pris le temps de me répondre. Je complète ma pensée précédente.

- Je pense que les maisons de disques ne font pas assez attention à leur site internet, il est impossible d'écouter un disque avant de l'acheter tout comme être informer correctement.

- Ça gênait pas Phillips (actuellement Universal Music) d'avoir une marque de graveur de disques vierge tout public il y a pas si longtemps.

Damien B 7 years, 10 months ago

Pour le deuxième point c'est encore plus vrai (et plus flagrant) avec les japonais JVC (gros éditeur sous le nom Victor) et Sony dans les deux camps : éditeurs et fournisseur matériel permettant la copie, et ça autant pour la musique que pour la vidéo. Sony c'est quand même la stratégie tous azimuts : créateur de la Beta (mais mangée par la VHS), créateur du Walkman (utilisant la cassette crée par Philips), co-créateur du CD avec Philips toujours, longtemps en avance sur les baladeurs numériques avec le MiniDisc (alors que Philips se gauffrait avec la DCC), gauffrage sur la vidéo avec l'UMD, mais victoire avec le BluRay sur le HD-DVD (soutenu entre autre par Microsoft dont c'était aussi une stratégie pour tenter de doubler Apple par la droite sur la HD). Et au niveau des formats, les formats non-protégés dont les encodeurs ont été piratés ont gagné, MP3 en-tête ; et pour les formats protégés, ça reste une boucherie sans nom entre l'AAC DRMisé à la main par Apple, l'offre de Real qui n'a jamais percé, l'offre de Microsoft la mieux supportée matériellement (en tant qu'offre de modèles de lecteur), et j'en oublie.

Tout ça pour dire : le hardware et les formats, c'est une lutte permanente entre les industriels, et reprocher aux maisons de disque de ne pas parier sur un cheval (ou le bon lévrier, peu importe la métaphore) paraît un peu abusif, et surtout un peu facile une fois que l'essentiel des combats ont trouvé leurs vainqueurs (jusqu'à la prochaine évolution).

Pour le premier point, je suis tout à fait d'accord, les maisons de disque ont raté le virage de l'auto-promotion sur internet. Mais là encore, c'est une responsabilité partagée, entre les éditeurs d'un côté, et leurs attachés de presse de l'autre. Ce n'est pas facile d'avoir son métier qui double de périmètre "du jour au lendemain".

sportif 7 years, 7 months ago

Je suis dans le même cas que toi, propriétaire d'un macbook que je maltraite, je l'ai compatibilisé avec pas mal d'appli, en revanche je n'investirais jamsi dans un iphone qui comme beaucoup l'ont dit reste tro centré sur lui même. Il reste pour moi un accessoire de mode qui pour l'instant ne me séduit pas. J'en reste convaincu avec la sortie de l'IPad qui en tant que grand frère de l'Iphone/Ipod n'arrivera pas non plus à entrer chez moi...

bleno 7 years, 6 months ago

Pour répondre à Jean-Michel (#14), ce qu'on reproche à Apple, ce n'est pas que par exemple l'iPod marche avec iTunes, c'est qu'il ne marche QUE avec iTunes.

De même, seules les applis validées sur l'Apple Store tournent sur l'iPhone. Autoriser à en télécharger ne changerait rien à l'aspect "user-friendly".

C'est comme si mon stylo n'écrivait que sur des marques de papier validées par Bic...

Pour cette raison, je n'achèterais pas de produit Apple. Comme dit plus haut, leurs produits sont bons, mais ce sont des connards.

fff 7 years, 6 months ago

Même s'il y a encore des problèmes de compatibilité et de développement d'applications, le Ipad sera probablement un grand succès commercial. Cet appareil est surtout design et pratique (quoique il faudra voir si réellement le clavier tactile fonctionne bien). Il sera toujours temps après pour Apple de lancer de nouveaux appareils plus accessibles et compatibles grand public. Plus vous créez le besoin plus vous vendez de produits.

Pronostic 7 years, 5 months ago

Tout d'abord je tiens à vous dire que je ne vais pas vous insulter copieusement :) Non en fait, j'aimerais connaitre votre avis sur l'ipad, pensez-vous que ce sera une révolution dans l'ère du numérique ? Quel serait votre pronostic de vente ?

Merci !

Prime 7 years, 3 months ago

On peut dire ce qu'on veut de l'iPhone mais le marketing d'apple est à mon sens infaillible... Les concurrents sont en retards et je vois mal comment ils pourraient rattraper celui-ci

fdj 6 years, 11 months ago

L'Ipad est encore trop cher et à mon sens réservé à une élite. Je crois que si Apple démocratisait un peu ses tarifs alors ils pourraient écraser la concurrence et par la suite faire des économies d'échelle. Leurs produits sont plus beaux et plus complets au niveaux des fonctionnalités. Il n'y a qu'à les faire au même prix que les autres et la concurrence ne vendra plus rien.